THOMAS PODVIN’S FREELANCE WORK
Freelance writer - translator - Editor

Tuesday 3 April 2007

A Battle of Wits/Jeux d'esprit

A l’époque des Royaumes Combattants (Chine, 3ème siècle avant JC), le petit état de Liang, peuplé de paysans, est confronté à une invasion imminente. Leur chance de survie étant quasi nulle, ils engagent Ge Li (Andy Lau), un membre du clan Mozi (ou Mo-Tseu) réputé pour ses stratégies militaires défensives. Débarquant mal fagoté mal peigné, l’envoyé ne parvient déjà pas à sauver les apparences et les Liang doute de ses capacités à les mener à la victoire. Ils remportent cependant la première bataille. Mais le reste de la guerre s’annonce éprouvant.

Adaptation d’un manga extrêmement populaire en Asie, (”Mak Gong” ou ”Bokko” de Hideki Mori, Kenichi Sakemi et Sentaro Kobuta paru chez Tonkam en France sous le nom ”Stratège”), A Battle Of Wits est une grosses machine de guerre à tout les niveaux. Le film, sorti en novembre 2006 en Asie et dont le titre peut se traduire par ”jeux d’esprit”, est un modèle de coopération pour l’industrie du film pan asiatique. Mais trouvera-t-il preneur en occident ?

Un gros poisson

Réalisé par Jacob Cheung (Cageman, 1992), le film a demandé cinq ans de préparation. Avec un budget impressionnant pour un film chinois (12,8 millions d’euros), A Battle of Wits est un pur défi logistique et créatif. Certaines scènes tournées en Mongolie Intérieure ont nécessité 1000 figurants, 400 techniciens, quatre caméras simultanées et des douzaines de chevaux. C’est aussi une première pour Jacob Cheung, plus habitué aux films contemporains et aux budgets largement plus modestes. Avant de passer à la réalisation Cheung partageait déjà à 18 ans les bancs des cours d’art dramatique de la TVB avec Andy Lau et Tony Leung Chiu-wai (excusez du peu). N’ayant jamais percé en tant qu’acteur et il réalise son premier film en 1984 (Lai Shi, China’s Last Eunuch), avant de réaliser, produire et écrire dans les grands studios de Hong Kong (Cinema City, Golden Harvest, UFO, etc.). Il s’est principalement illustré dans les comédies, les mélodrames et les films sociaux. Ici, Cheung aborde donc ce projet monstrueux en refusant tout compromis comme pour un de ses films intimistes. Il saisit l’occasion de porter à l’écran sa vision sur l’état du monde actuel. Avouez qu’un wu xia pian (film de chevalerie chinoise, un genre généralement issue de la littérature et caractérisé par un univers fantaisiste et clos) qui s’ouvre à la société contemporaine est plutôt rare.

Bon espoir

Avec un casting énorme, une équipe technique et des producteurs de Chine populaire (Huayi Brothers), Hong Kong (Sundream Motion Pictures), Corée (Boram Entertaiment) et du Japon (Comstock), ce wu xia pian réuni a lui seul une bonne partie de l’Asie. Le film n’était pas encore sorti que les professionnels impliqués se félicitaient déjà du travail accompli. Un des producteurs, Tsui Siu Ming le grand patron de la Sundream Motion Pictures, s’explique : « avec un bon scénario, une production bien planifiée, des décors superbes, des producteurs et techniciens expérimentés et des investisseurs compétents, nous avons confiance en ce film et son énorme potentiel ». Tsui et les investisseurs espèrent aussi que ce format de coproductions pourra garantir un recouvrement des coûts et permettre au marché de s’ouvrir d’avantage. Un autre investisseur, le japonais Satoru Iseki, ancien producteur de Ran et L'Empereur et l'assassin maintenant à la tête de Tara Contents Inc, partage cet enthousiasme : « j’espère vraiment qu’A Battle of Wits puisse asseoir la supériorité des films asiatiques en Asie ». Tsui Siu Ming se réjouit aussi car « sans A Battle of Wits, Warner Brothers n’aurait pas investit dans un tout nouveau projet, Howling Arrow de Sammo Hung », son petit dernier et aussi une grosse production pan asiatique.

Passage à l’Ouest

Avec les stars Andy Lau, Fang Bingbing, Choi Si-Won et Ahn Sung-Ki le succès du film est quasi assuré à travers l’Asie. Mais, peut-il marcher en Europe et en Amérique du Nord ? Jacob Cheung est, sur ce point, soit très pessimiste soit trop modeste : « ce film se passe dans l’ancienne Chine avec des acteurs chinois, je ne m’attends pas à un gros succès à l’Ouest. » En général les wu xia pians destinés à l’export comme Hero, Tigre et dragon ou Wu ji fonctionnent grâce à un exotisme affiché. Satoru explique que « les films d’arts martiaux qui marchent en Occident ont des couleurs chatoyantes et offrent une perspective exotique aux spectateurs occidentaux», ajoutant que « les films de Zhang Yimou en sont la parfaite représentation ». Heureusement, A Battle of Wits évite soigneusement ces écueils visuels et propose une adaptation réaliste et viscérale d’une histoire chinoise appréciée à travers toute l’Asie. Le tout est saupoudré d’une vision pessimiste sur l’héroïsme et la guerre.
Croisons les doigts pour que ce mélange convienne à tous les publics.

Interview Jacob Cheung -- La guerre des méninges

Dernier gros wu xia pian en date, A Battle of Wits, est une aventure qui rassemble une bonne partie de l’Asie. Non seulement le film est un blockbuster bourré de stars orientales, mais il pose aussi des questions très contemporaines. Jacob Cheung, le réalisateur hongkongais, s’explique.


Quelles étaient vos intentions lorsque vous avez acheté les droits pour l’adaptation cinématographique du manga « Bokko » ?

En 1990, Eric Tsang [Infernal Affairs] m’a recommandé ce manga que j’ai tout de suite dévoré, car il est très émouvant et intéressant. C’est l’histoire de deux grandes nations, appelées Zhao et Yan, qui s’affrontent. Zhao envoie 100 000 soldats à l’assaut de Yan. Chemin faisant, ils croisent un tout petit pays de quatre milles paysans, Liang, qui peut être très vite vaincu. L’objectif premier de Zhao n’est pas d’envahir Liang, mais c’est un petit territoire si facile à conquérir. Le peuple de Liang se retrouve donc dans une situation inextricable et appelle à l’aide un mohiste [un adepte de la philosophie du sage chinois Mo-Tseu qui vécu au 4ème siècle avant JC] du nom de Ge Li (Andy Lau). C’est ainsi que commence l’histoire. A l’époque j’ai pensé que je pouvais injecter beaucoup d’idées contemporaines à l’adaptation. Comme des idées pacifistes, poser la question de l’héroïsme en temps de conflits armés et aussi comment empêcher la destruction liée à la guerre.

Avec cette réflexion sur la guerre et l’héroïsme, souhaitez-vous véhiculer un message politique ?
C’est l’idée principale du film. Le sujet fait directement référence à la situation actuelle dans le monde, entre les Etats-Unis et l’Iraq par exemple. C'est-à-dire une grande puissance utilise une excuse bidon pour attaquer un faible et petit pays. Dans le film, le peuple du petit état Liang se tourne vers le mohiste, qui n’aura recours qu’à la violence et la guerre. Mais est-il vraiment d’une grande aide ? C’est comme dans notre société moderne, si on résout les problèmes par la force, cela n’entraînera que plus de morts et de destructions. La véritable façon de résoudre un conflit est avec intelligence et des moyens non-violents. Nous devrions tenter l’impossible pour éviter toute guerre. De ce point de vue, je pense que les héros en temps de guerre n’existent pas.

La production réunit beaucoup de pays d’Asie. Parlez nous des difficultés que cela a entraîné.
En fait, il s’agissait plus de véritables défis. J’ai dû faire face aux investisseurs, techniciens et acteurs de quatre pays différents [Chine, Corée, Japon, Hong Kong]. Ce fut un travail fastidieux. Le problème principal fut bien évidemment la communication. Par exemple, notre cameraman japonais, Zensho Sakamoto, travaille suivant un système totalement différent de celui de Hong Kong. Pour lui faire comprendre mes désirs le plus précisément possible, j’ai dû faire des recherches. Pas seulement sur la façon d’opérer des caméramans japonais, mais aussi sur la personnalité de Zensho Sakamoto. Pour un cameraman hongkongais, il suffit de lui donner la position et l’angle de la camera et il fait le reste tout seul sans poser de questions. Pour un cameraman japonais, vous devez tout expliciter, ce qui demande énormément de temps pour chaque plan. Ce fut le même problème avec les acteurs. Même avec les acteurs de Chine continentale c’était un vrai challenge car leur système est totalement différent de celui de Hong Kong.

On raconte qu’après avoir lu le script Andy Lau a accepté le rôle immédiatement.
Andy Lau est dans le milieu du cinéma depuis environ 27 ans et lui et moi avons été camarades de classe sur les bancs de l’école d’acteurs de la TVB [télévision locale]. Il connaît ma façon de travailler. Il a demandé à lire le script avant notre réunion de production et sa première question fut : « Comment je serai coiffé ? » (Rire). Il fait très attention à son look. Je lui ai juste dit que je ne lui ferais pas porter de perruque ou de couvre chef. On ferait juste une coupe raz. Heureux, il a tout de suite dit oui au rôle !

Fang Bing Bing est une actrice très populaire en Chine et elle est en passe de devenir une nouvelle Ziyi Zhang. Comment s’est-elle impliquée ?
En fait, à l’origine il n’y avait pas de rôle féminin fort, car l’histoire était conçue d’abord avec des personnages masculins. Hors, pendant la dynastie dite de Zhan [à l’époque des Royaumes Combattants], les femmes et les hommes étaient égaux. Sur les champs de bataille, ils se battaient côte à côte. Dans le film, Fang Bing Bing joue un rôle fort, celui d’une cavalière. Il y a une scène très dure que nous avons tourné courant novembre 2005 dans la province de Hubei [Centre Est de la Chine] où il faisait très très froid. Fang était prisonnière d’une geôle qui se remplissait d’eau glacée. On ne pouvait ajouter d’eau chaude par crainte d’endommager la caméra avec la vapeur d’eau. Elle a dû rester dans l’eau avec une combinaison étanche. Fang est une belle femme et les medias chinois ont toujours plus porté leur attention sur sa vie privée qu’autre chose. Mais sur le tournage, je peux vous dire qu’elle était très dévouée et qu’elle a toujours fait de son mieux pour atteindre mes objectifs.

A Hong Kong on vous connaît pour votre intransigeance : vous évitez les compromis commerciaux. Qu’en est-il de A Battle of Wits ?
Je ne suis pas vraiment du type à transiger ou alors je n’aurai pas mis dix ans à finir ce film. Faire des compromis n’est pas une bonne solution. Avant de commencer le tournage, j’avais d’abord communiqué mes intentions aux divers investisseurs et donc les compromis ont été fait à ce moment. Par la suite, j’ai fait le film à ma façon. Il n’y a eu que deux compromis. Premièrement, j’ai accepté de livrer un final cut de 2 h. à 2 h. 10. En fait, il y avait tellement de choses à dire dans ce film que la durée initiale était de 3 heures. Deuxièmement, les investisseurs ne voulaient pas trop d’effets spéciaux numériques donc on a essayé de réduire au mieux leur utilisation.

Justement, ces dernières années, les films d’arts martiaux ont adopté les méthodes de production d’Hollywood avec énormément d’effets spéciaux numériques. Quel est votre point de vue sur ce phénomène ?
Dans A Battle of Wits, lorsque mille soldats sont tués par flèche, il faut nécessairement utiliser des effets numériques. Les flèches arrivent de toutes les directions. Sans effets spéciaux, c’est une scène impossible à réaliser. De nos jours, il s’agit d’un élément essentiel qu’un réalisateur doit utiliser, mais il ne doit pas laisser les effets numériques prendre le pas sur l’aspect général du film.
Il y a une utilisation trop évidente d’effets numériques dans Wu ji, la légende des cavaliers du vent ou même le Seigneur des Anneaux, alors que le spectateur ne les perçoit pas malgré leur abondance dans Il faut sauver le soldat Ryan. C’est ce que je veux que les spectateurs ressentent : un goût de réalité. Dans mon film, il y a 400 plans avec des effets numériques. J’ai inséré les effets à plusieurs niveaux. J’ai combiné plusieurs couches ensemble et ne suis pas parti de zéro en créant un univers numérique. C’était un processus très complexe. Par ailleurs, je ne voulais pas montrer des scènes dures comme dans Il faut sauver le soldat Ryan. Au Moyen Age il était très courant qu’un soldat se fasse coupé en deux. Je ne voulais pas montrer ce genre de spectacle aux enfants ou provoquer le dégoût. Je voulais faire comme pour les romans de wu xia avec lesquels les lecteurs se sentent réellement impliqués car ils mélangent leurs expériences personnelles avec le processus de lecture et établissent un lien avec le livre. Pour A Battle of Wits, je veux laisser libre court à l’imagination des spectateurs.

Propos recueillis par Thomas PODVIN.
Remerciements à Cherry XUE et Margaret YAU.


Cette article apparait en anglais dans that's Shanghai et that's PRD

(c) MAD ASIA
Rédacteur en chef: Julien Sévéon
Novembre-decembre 2006

Art of War/A Battle of Wits, Jacob Cheung’s geopolitical wu xia pian

For most Westerners, the name Jacob Cheung Chi-leung probably doesn’t ring a bell. John Woo, Tsui Hark or even Wong Kar-wai may be familiar to cinema-goers, but the accomplishments of this actor-at-heart turned filmmaker are no less praiseworthy.

Indeed, the 47-year-old Hong Kong-born filmmaker has some impressive credits, ranging from 1990’s This Thing Called Love, a delightful comedy about love and marriage, to 1992’s Cageman, a serious study of his native city’s ‘cage-house’ tenants, to 1999’s The Kid, a moving exploration of child/adult relationships. As is evident from even a list as short as this, Cheung emphasizes characterization and strong story telling over action, SFX and other visual excesses. Perhaps because he began his career in front of the camera. More than two decades ago he took acting classes along with such luminaries as Andy Lau and Tony Leung Chiu-wai, followed by years of mediocre roles in mediocre films. Tired of waiting for the perfect part, which, of course, never came, until Lai Shi, China’s Last Eunuch (1986). Since then, he’s tackled nearly every topics as a scriptwriter/producer/director and in almost every genre, from romance to ghost stories.

His latest directorial effort, A Battle of Wits (ABOW), is adapted from a famous Japanese manga Mak Gong/Bokko. It concerns a ‘mohist’, an adept of the Mozi philosophy. Mozi (aka Micius or Mo-Tzu who lived in 5th-4th century BC), argued strongly against Confucianism and founded a school of thought that emphasized universal love, self-reflection and authenticity. In ABOW, the mohist, Ge Li, battles to spare a small country invasion by a powerful kingdom. With a plot like this, ABOW would seem to fit the typical martial art’s or wuxia pian genre, replete with super-powered knight errants. Indeed, it is set in the Zhan dynasty (475 B.C.-221 B.C.), a hero-laden period according to Chinese folklore.

But ABOW is anything but a typical Chinese action film, rather Cheung has produced an ambitious historical work where there is little room for blind heroics. More impressive still, he has cleverly introduced a subtext that echoes events in today’s newspaper headlines. Ge Li’s attempt to bring peace becomes an excuse for war, while his commitment to duty adversely affects the very people he cares for most.

Slated for release on the Chinese mainland this December, the USD 16 million Pan-Asian A Battle of Wits boasts an international cast and crew (the Chinese mainland, Hong Kong, South Korea, Japan and Taiwan) and features many of the big names -- Andy Lau, Fang Bingbing, Nicholas Wu Chi-lung or Ahn Sung-ki.

In our interview with Cheung, he discusses his inspiration, his unwillingness to compromise and the role of world affairs in his current film.

that’s: ABOW is quite complex. How would you summarize the story?
Jacob Cheung: The movie’s about two big powerful countries fighting each other. One country, Zhao, sends 100,000 soldiers to attack another country [called] Yan. On their way, they pass a small country named Liang inhabited by only 4,000 peasants and which can be defeated very easily. The main objective of Zhao isn’t to defeat this small and weak country though it’s [a territory] very easy to conquer. The Liang’s people are thus trapped in a helpless situation and they turn to Ge Li, played by Andy Lau, for protection. As long as Ge Li can defend Liang for one month the country will be safe from [further] attacks. That’s how the story starts.

that’s: Is this the film you had in mind when you bought the rights to Hideki Mori’s and Sentaro Kubota’s Japanese comic book Mak Gong six years ago?
JC: Actually, I’ve been working on this film for eleven years. [But] the first time I read the comic book was in 1990 [after a recommendation from Hong Kong actor/filmmaker Eric Tsang] when I was waiting for my three sons to join me in Canada. I quickly became fond of it; it’s very touching and fascinating. [From the beginning], I wanted to add modern elements to the movie adaptation, including an anti-war theme, as well as my thoughts and reflections on heroism, and the destruction that occurs during war time. I believed it had to be a very big production and, at that time, I was just not good enough to make the film. Later, after discussing the project with colleagues, I became more confident and more impatient. This sort of movie requires a lot of stamina, and it took me a decade to prepare myself.

that’s: How would you describe the film’s view of heroism? JC: From the very beginning of the film, Mohist Ge Li appears keen on helping Liang’s people defend themselves against invasion. He seems an obvious hero to them. He convinces them he’s there to help and urges them to resist the invasion. But is he really helpful? Ge Li is not really a hero; he brings the idea of war to the peasants assuming it’s good for them, but in fact it is not. War is never a good means to solve problems. From this perspective, there are never any heroes in wartime. that’s: Can you explain how the film parallels events in today’s world. JC: The film’s subtext is about a big and powerful country using a far-fetched excuse to attack a small and weak country. It parallels the situation between the USA and Iraq. Here, the weak and small country Liang, turns to a Mohist for help, but his help only brings violence and war. If you try and solve problems with violence, the result is death and civil unrest. The real way to solve problems is through non-violent means.

that’s: ABOW involves film companies, cast and crew from five different countries. Was it a challenge working with such a diverse group?
JC: It was more than just a challenge; it was difficult and exhausting. The main issue was [of course] communication. For instance, the cameraman [Zensho Sakamoto] is from Japan, and in Japan they work under a different system. I had to do research not only on how Japanese cameramen work, but also on the personality of Zensho Sakamoto so I could make him understand my exact requirements. If the cameraman is from Hong Kong, you just need to give him the camera position and angle and then he does it without questions. For Japanese cameramen, you need to explain a lot, so it requires much longer to complete every single take.

that’s: Is it true that Andy Lau accepted the role of Ge Li immediately after reading the script?
JC: Lau was very confident in [the project] and knew exactly my style, so he agreed as soon as he read the script. But he did have four [tongue-in-cheek] questions. His first question was ‘How about my hairdo?’ (Laughs). Lau pays a lot of attention to his appearance. I just told him I won’t let him wear wigs or hats, we’ll just use a very short haircut. He was happy and agreed to do [the film]. (Laughs) Then he asked me if he needed to be dubbed in Mandarin, and I told him he’d have to try to say his lines in Putonghua. Lau asked if he could participate on the production side. I asked him ‘why?’ I asked him if he trusted me and if he had another agenda. He said he hadn’t, that he just wanted to be helpful. He said that because the film had such a lot of investors, from four countries, that he was afraid I would give up half way. Such a complicated situations required strong producers, he said, which is why he offered his services. His last question was: How long would it take to shoot [his part]?

that’s: It’s been reported that Fang Bingbing was exceptionally dedicated to her role.
JC: Originally, there wasn’t any female role; the story only concerned men. But during the period the film is set, in the Zhan dynasty, women and men were equal. In war time, for example, they would fight shoulder to shoulder. In ABOW, Fang was very dedicated to her role as a solider and horse groom. There’s one scene where Fang is trapped in an underwater jail; we shot it in mid-November 2005 in Hubei province when it was very cold. We couldn’t add any warm water because the steam would have damaged the camera. So she had to stay in the freezing water, though she was wearing a diving suit. In order to encourage the cast, I also went in the water with a diving suit and it was indeed freezing. But Fang never complained, she did her best to meet my requirements.

that’s: You’re known for refusing to make compromises.
JC: I am not really a director who compromises a lot or else it would not have taken me eleven years to make ABOW. [I believe] to compromise is the wrong way to go. Before starting the movie, I had already communicated my intentions to the various investors, so all compromises were made in the early stage; after that, I did the whole movie my way. In fact, I only made two compromises. First, I agreed to reduce the final cut from three hours to between two and two hours and ten minutes. Second, as the investors weren’t too keen on computer generated special effects, we tried our best to reduce the number. In this movie, there are 400 shots containing CG SFX.

that’s: Do you think the film will be a hit in the West?
JC: I don’t know how to answer your question. Though the topic of this movie -- war -- is universal, each game has its own rules. If you want a movie to be accepted by Western audiences, the rules say it has to be in the English language. ABOW is set in ancient times with Chinese actors; I don’t expect too much from Western audiences. If I wanted the film to work all over the world, I would have had to change the whole crew and cast, and make it in English. The film focuses on Oriental people, so whether it will work or not [In the West] we’ll have to let the viewers decide for themselves.

that’s: Ang Lee’s Crouching Tiger Hidden Dragon is a typical Chinese film and a global success.
JC: I wouldn’t compare myself to director Ang Lee.

Special thanks to Margaret Yau and Cherry Xue.

This feature article also appears in French, in France bimonthly magazine Mad Asia

(c) that's Shanghai Magazine
Chief editor: Steven Crane
Photo courtesy Mick Ryan www.mickryan.com.
September 2006 issue



(c) that's PRD Magazine
Chief editor: Phil Boyle
December 2006 issue