Zhouzhuang, « première ville d’eau en Chine », accueille aujourd’hui plus de 2,5 millions de touristes par an alors qu’elle était absente des dépliants touristiques il y a 25 ans.

Il est maintenant commun de lire dans ces dépliants que si l’on veut s’écarter un peu des tumultes de la vie citadine, il y a plusieurs solutions qui s’offrent à nous ; que Zhouzhuang est la plus évidente. Que la ville, à 100 Km de Shanghai, est plus pittoresque que Suzhou et moins urbanisée que Hangzhou. Qu’une peinture, du célèbre peintre chinois, Chen Yifei, offerte à Deng Xiaoping contribua à sa renommée. Que la ville contient plus d’une centaine de cours intérieures, de petits ponts de pierres et de passages voûtés datant des dynasties Yuan, Ming et Qing. Qu’elle est appelée la Venise de l’Orient ; car comparable à la ville des amoureux en Italie elle est tailladée par de nombreux canaux, et les transports s’y font en barques et bateaux à moteur. Qu’on n’a rien vu en Chine si on n’a pas visité Zhouzhuang.

Ce qu’on omet de mentionner, c’est que la ville est un exemple de développement économique et touristique, soutenu par son patrimoine historique et architectural, une situation géographique avantageuse et des ressources exceptionnelles. La ville, connectée au grand canal Beijing-Hangzhou, est comme un lotus sur l’eau belle et fragile à la fois. Pour développer le tourisme et l’industrie tout en gardant un environnement propre, on a marché sur des œufs.

Au milieu des années 1980, une population et une activité touristique toujours plus croissante ont exercé une forte pression sur l’équilibre trop fragile des systèmes aquatiques. Ce qui valu à la ville de perdre sa chance d’être inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997. « Une ville d’eau sans eau propre » fut la principale raison de cette déconvenue. Etudes et travaux se succédèrent pour rétablir une qualité d’eau correcte. Pari risqué et difficile à gagner. Il ne fallait ni perturber les habitants et touristes ni toucher aux fragiles constructions centenaires.

Les touristes qui vinrent en nombre dans ce nouveau paradis propre subirent à leur tour une pression commerciale intense. Pour y remédier, l’office du tourisme décida de déplacer 60% des commerces et industries de loisirs hors du centre de la vieille ville.

Non seulement Zhouzhuang a développé son tourisme avec succès, mais a également favorisé une économie capable d’attirer des investissements étrangers. La zone industrielle et scientifique du CGS Kunshan, véritable Silicon Valley, exploite la high-tech. L’aire de loisir de Taishidian étend la zone touristique de la vieille ville sur 6 Km2. Enfin, la zone d’agriculture moderne met en valeur les terres et eaux fertiles.

Zhouzhuang est un lieu historique, une réussite industrielle mais aussi culturelle. Cerise sur le gâteau, c’est aussi la ville du cinéma. 60 films furent tournés dans ce décor naturel. En 2001, le réalisateur hongkongais Yim Ho tourna Pavilion of Women, une histoire d’amour dans la Chine des années 1930, avec Willem Dafoe et Yan Luo.


(c) Shanghai Scene
Chief editor: Adam Bradford
October 2005 issue